Le lundi 3 mars 2014
Publié le 3 Mars 2014
Ohayo~ tout le monde !
Presque deux mois sans mise à jour du blog, c’est qu’il a dû s’en passer des choses dit donc ! Etttt, nan. Jour de semaine ou de week-end, jour férié ou non, les journées se sont globalement suivies et ressemblées : du labo et un peu de labo, avec un saupoudré de sorties.
Il s’est quand même passé des choses bien sûr. J’ai réussi à limiter encore plus mes dépenses en cuisinant mes repas plutôt que de manger midi et soir à la cafétéria du campus, ce qui m’a permis de faire des économies en vue du voyage qui approche. Spécial dédicace à Grand-Père avec ma balance de cuisine pour garder un œil sur ce que je mange. Au niveau de mes recherches, ça avance très bien, et mon sensei trouve les résultats très encourageant. De mon côté, j’en apprends toujours plus sur ce que je fais, ce qui m’a permis récemment de pouvoir prendre des initiatives et agréablement surprendre mes encadrants. J’en suis même venu à faire mes recherches de 19h à 5h ou encore le week-end (pour avoir la main libre sur des équipements). Hormis ces deux points, je n’ai rien qui me vient spécialement à l’esprit qui pourrait plus raconter comment ces deux derniers mois se sont déroulés. Mais…
Mais il y a quand même eu une petite sortie, hier, qui vaut le coup d’être racontée. Ça commence par un F, et termine par tout plein de neutrons énergétiques… Fukushima, ouiiii. Spoiler alert : toujours pas de super-pouvoir en vue.
Kitamura-kun, un de mes colocs, m’a proposé il y a plus d’un mois de louer une voiture, et me conduire (ainsi que des amis qui seraient motivés) autour de la zone sinistrée par le tsunami, du côté de Fukushima. Si je précise la localisation, c’est parce que presque toute la côte Est a été touchée par les évènements d’il y a 3 ans. C’est donc à 8h du matin, hier, que Kitamura-kun, Sumit, Anaïs et moi partons pour notre voyage côtier.
On emprunte donc la route la plus proche de la mer vers le Sud. Après 1h30, la route est bloquée. On s’arrête, et la mer est juste là, à notre droite. Et entre nous et la mer, des fondations de maisons. On voit les limites des maisons, et même ce qui semble être le carrelage d’une douche.
Impressionnant. On commence à se rendre compte que des gens vivaient là, et ont dû tout abandonner, si encore ils en avaient eu le temps. On revient en voiture, mais Kitamura-kun, lui, va vers les barrières qui bloquent la route, et les déplacent. Ah d’accord, pas tous les Japonais respectent les règles, il y a quelques Français qui se cachent parmi eux. On ne fait pas 100 mètres qu’on doit s’arrêter à nouveau.
Ah, c’était ça la force du tsunami, carrément ?! De quoi défoncer littéralement la route, à n’en plus rien laisser ?! On remonte en voiture, remontons les barrières en place, puis allons chercher une route parallèle, plus loin de la côte du coup. A la première opportunité, nous reprenons la première route à gauche (on va vers le Sud et on veut se rapprocher de la côte Est, logique !). Et là encore, on doit s’arrêter.
Dévastatrice cette vague nom de Dieu ! Kitamura-kun nous indique qu’il y a une voie ferrée un peu plus loin dans les terres, mais qu’elle est encore fermée, ravagée par la vague géante. Cette fois, on a compris la leçon, et restons sur la route parallèle sans tourner. On voit timidement la mer au loin, et entre la route et là-bas, de l’herbe jaune (c’est la saison qui fait ça je crois, en été ça serait tout vert normalement). Et ici et là, il y a des piles de métal, terre, végétaux et appareils domestiques. Oui, la vague a du tout balayé ici, il y a dû avoir plein de maisons. On continue de descendre vers le Sud, et là on voit une décharge sauvage d’appareils domestiques sur le parking d’un bâtiment. C’est un des seuls bâtiments toujours debout de ce côté de la route, mais voilà à quoi il ressemble quoi…
Les machines au centre nous indiquent que c’était avant un Pachinko and Slot avant (souvenez-vous, on était déjà rentré dans un à Wakkanai). On entreprend de faire le tour du bâtiment pour voir les dégâts, j’vais laisser les photos raconter un peu pour moi.
Les portes qui donnent sur le front de mer sont littéralement défoncées. Même si j’avais voulu rentrer dedans, je n’aurai pas pu faire autant de dégâts. Et il y a ce coffre-fort qui trône contre un mur. Et on peut aussi voir le niveau de l’eau : plus de 2m50 ! Et la mer est à plus de 500m ! Ca fait froid dans le dos. C’est presque déprimant de regarder la partie « habitation » de ce Pachinko en se disant que des gens ont vécu en famille ici.
Pour rien au monde nous avons tenté de nous introduire à l’intérieur : pas envie de mourir aussi bêtement. On remonte en voiture et continuons à descendre vers le Sud.
On finit par traverser une ville... Ouai, génial, super ta vie. Ahem. Laisse-moi terminer. Effectivement, là comme ça, si on te dit rien, bin, voui, rien de dingue. Elle n’est pas dévastée, des voitures sont garées sur les parkings… Mais tous les magasins sont fermés. Soit, on est dimanche, mais le dimanche au Japon, n’est pas le même qu’en France, et globalement ce n’est pas plus difficile qu’un autre jour de trouver son bonheur. Aussi, certaines routes sont bloquées par le même type d’employés qui surveillent que les voitures ne s’engagent pas là où il y a des travaux. Et là, Kitamura-kun nous explique le pot aux roses : la ville est abandonnée. Oui, à cause des radiations. Tout a été laissée en plan, et les bonhommes sont là pour qu’il n’y ait pas de vandalisme/vol dans la ville. On sort de la ville, et devons arrêter le véhicule à nouveau. Cette fois, la route est toujours là, mais…
Il faut montrer patte blanche pour aller plus loin, et avoir un ID : c’est la zone rouge qu’on peut voir sur les cartes, et la zone orange était au niveau de la ville qu’on vient de traverser. Bon, demi-tour, y’a plus rien à voir. Vraiment. Ca prendrait des heures de contourner la zone rouge pour continuer au Sud, et a priori ça ne serait pas si différent de ce qu’on a déjà pu voir. Il est à peine midi, et Kitamura-kun ayant fait quelques recherches, nous fait deux propositions : visiter la ville de Fukushima, ou bien aller voir des grottes qui sont un peu plus loin. On va donc déjeuner dans un Sukiya (souvenir souvenir…) en méditant sur la question. Selon lui, il n’y a pas grand-chose à faire à Fukushima-city, donc autant aller voir ces grottes, qui se sont révélées être unes des plus grandes et renommées du Japon.
C’était vraiment bien ! Moi ça faisait longtemps que je n’avais pas été dans une, et celles-là était en plus vraiment impressionnantes. On remonte en voiture, et c’est parti pour presque quatre heures de route pour rentrer à Sendai. On s’arrête en chemin pour diner au bon vieux Mac Donald. D’ailleurs, grosse nouvelle…
Y’a des livraisons de Mac Do au Japon ! Visiblement celui-là n’en faisait pas, mais il faudra aller voir sur leur site pour se renseigner où, quand, comment et combien.
On est lundi, et vendredi je m’envole pour de nouvelles aventures. Je vais enfin pouvoir briser la routine. Je partirai pour Okinawa, avant de remonter sur Fukuoka en avion le mardi suivant. De là, je n’ai pas encore fait de plan. Globalement, je vais remonter tout le Japon du Sud au Nord, à mon rythme, comme ça je pourrai vraiment visiter chaque endroit, plutôt que de passer mon temps dans les transports. Ça veut aussi dire qu’à partir de vendredi, je tiendrai à nouveau le blog à jour, avec tout plein de photos exotiques. Aussi, je vous invite à sauvegarder les photos qui vous plaisent puisque je vais devoir faire de la place sur Dropbox.
Je vous souhaite à tous une excellente semaine, et à vendredi prochain pour de nouvelles aventures !
NB : il y a plus de photos sur la Dropbox ;)
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