5e jour – 13h40

Publié le 24 Septembre 2013

Le Shinkansen part.

Pourquoi je sue ? J’vais vous raconter !

Déjà, il s’est remis à faire lourd aujourd’hui, et entre le sac et la valise, je sens déjà le fauve. Je quitte l’hôtel à 11h00, heure du check-out, et me dirige vers un bureau de poste. En effet, je dois payer ma chambre universitaire d’avance dès mon arrivée d’un montant de 45 000円. Aie, la carte bloque. J’essaye 40 000. Ça bloque. 30 000. Ça bloque. Bon, bah 10 000円 et j’expliquerai mon problème en arrivant. Ça bloque. DAMN ! Je paye la Société Générale 25€ par mois pour pouvoir utiliser ma carte partout dans le monde sans commission, et ma carte a bloqué à partir de 30 000円 de dépenses, soit même pas 300€, ce qui m’amène très loin du plafond… Dans le porte-monnaie : 1300円.

Je m’en vais vers la station de métro pour me rendre à la gare de Tokyo d’où part le Shinkansen. Et je réfléchis. Il est 11h30, mon train part dans 2h10 et il me faut déjà 30 minutes pour y aller. Bon, y’a du Wifi dans la station de métro : je vais envoyer un mail à ma conseillère et prévenir mes parents. J’envoie avec le mail une photo du reçu qui « explique » le refus. Je n’aurai la réponse qu’à partir de 16h par contre. Chose étrange aussi, il n’y a nulle part sur mes relevés en ligne de trace d’activité bancaire à Tokyo. C’est peut-être parce que, comme m’a expliqué la conseillère, qu’il n’y a pas de Société Générale, ou partenaire, au Japon, donc les informations doivent transiter par un circuit externe. Après 20 minutes, direction la gare de Tokyo.

12h30. Dans le doute, je retente ma chance dans l’ATM où j’avais tiré 10 000円 il y a deux jours. Peut-être que c’était la machine qui ne fonctionnait pas. Je demande 45 000円. A nouveau, refus de la borne. Je me doute de la suite, mais tente quand même jusqu’à 10 000円. Refus encore. Je garde tous les reçus, dans le doute.

Avant de partir, Maman m’a donné la bonne idée de prendre les coordonnées de l’ambassade de France au Japon, car on ne sait jamais. Bon, je suppose que là je sais carrément. Je demande à l’hôtesse du bureau de Poste où est le téléphone le plus proche. Chose bien ici, les téléphones sont à pièces : 10円 la minute. De la piécette, ça j’en ai. J’appelle. Mise en attente. Ca décroche ! J’explique mon problème. Malheureusement, c’est le consulat qui s’occupe des cartes bleues, et il n’ouvre que de 14h à 18h. J’appellerai si je n’ai pas de réponse de la banque. Qu’est-ce qui arrive à cette carte si chèrement payée ? Comment résoudre le problème ?

Le train part dans 55 minutes maintenant. A part l’argent, je suis large : il ne reste plus qu’à récupérer la valise dans son casier et trouver le quai. En effet, j’avais profité d’être à la gare de Tokyo le premier jour pour acheter mon billet. Heureusement ! A plus de 10 000円, j’aurai été über emmerdé.

Pour le casier, il suffit de rentrer le code que j’ai eu sur le reçu dans la borne pour l’ouvrir. Message d’erreur. Impression d’un ticket. NAAAAAN ! Il y avait une durée maximum pour le casier. Le pire ? Si j’étais arrivé deux heures plus tôt je n’aurai pas eu de souci. Ah, vous vouliez le PIRE ? J’ai une amende de 2000円 pour avoir dépassé la durée. Oui, je n’ai que 1300 sur moi, et je ne peux pas tirer de cash. Heureusement qu’à Amsterdam, lors de la correspondance, j’ai retiré 100€, au cas où ma carte ne marche pas pour pouvoir vivre le temps de la débloquer. C’est le moment je pense.

Plus que 50 minutes. Je demande à quelqu’un s’il sait où est le Tokyo Station Office. Il m’indique le comptoir où on achète des billets de trains. Je n’ai pas vraiment le temps de chercher par moi-même, et au pire, ils me redirigeront. De la queue. Je fais la queue.

Plus que 45 minutes. J’explique mon problème et remets mes deux reçus : celui de vendredi, et celui avec l’amende. Pas de chance, personne dans le bureau ne parle assez anglais pour clairement m’expliquer. Elle va dans la zone derrière le comptoir avec les reçus. Ca y est, elle revient ! Elle me dit que je dois taper le code imprimé sur l’amende pour avoir ma valise. J’ai un doute. Il me semble plutôt, d’après ce qu’il y a d’écrit sur l’amende que ma valise a été emportée ailleurs. Je retourne aux casiers. Je tape le code. Tiens, il me dit quelque chose. ARG ! Elle n’a rien compris ! C’est le même que celui que j’ai tapé à la base !

40 minutes. Je refais la queue. Un autre guichet que le premier est disponible. J’y vais. Je réexplique mon problème. Elle regarde les deux tickets, et ne semble pas comprendre ce que c’est. Je lui demande si je peux payer les 2000円 par carte. « Non », me fait-elle gênée. Elle va ensuite elle aussi derrière le comptoir.

35 minutes. 5 minutes qui sont passées comme des heures. Elle m’explique difficilement que ma valise arrive, que je dois attendre 5 minutes. Je lui montre mon billet de Shinkansen, en lui montrant l’heure. J’essaye de lui demander si je peux aller échanger mes € en 円 en attendant que la valise arrive car je ne peux pas tirer du cash avec ma Visa. Apparemment, non. Elle me propose d’aller échanger mon billet de Shinkansen. Ouai mais nan, j’ai pas d’argent ! Là, vous devez comprendre dans quelle gêne énorme je suis. Si je rate mon train, j’ai à peine de l’argent pour en reprendre un. Mais je ne peux pas me payer le luxe d’un hôtel à Tokyo. Je redemande pour être sûr : ma valise, on me l’amène en ce moment ? Oui. Elle retourne dans l’arrière-boutique.

30 minutes. Elle revient. Ça a duré moins longtemps cette fois-ci. Elle me dit qu’elle devrait être là dans 5 minutes, que je n’ai plus qu’à attendre un peu et me mettre sur le côté. Mais il me reste encore à courir jusqu’à un bureau de change, convertir mes €, revenir, payer, et surtout, trouver d’où part le train dans cette immense gare (la plus grande d’une ville de 10M d’habitants).

25 minutes. Je tourne en rond. J’attends qu’elle finisse avec le client et lui demande où ça en est, et lui remontre mon billet de train. J’ai l’impression qu’elle comprend combien ça devient critique là. Elle regarde autour d’elle. Pas là. Elle pose un panneau à son comptoir, puis sort carrément du bureau où l’on était.

22 minutes. Ca y est ! Ma valise. J’explique mon souci avec l’argent. Il comprend. Il me propose de rester avec ma valise et mon sac pendant que je vais échanger mon argent. L’hôtesse va m’accompagner jusqu’au dit bureau. Ouf, seul j’aurai galéré grave !

18 minutes. On vient de faire un tour pour rien, elle s’est trompée. On est revenu devant le bureau des tickets, et on va dans l’autre sens. Elle me demande mon ticket. Je lui donne pendant qu’on cavale dans la gare. On peut passer les portiques car elle le montre à ses collègues. On continue à cavaler.

14 minutes. Je suis devant le bureau de change. Il y a déjà quelqu’un. Nan ! Il a fini ! Il range ses billets ! Je tends mon argent. Oui, je veux des yens. Calculette. Je vais te donner 12 000 quelques choses yens. Vas-y, vas-y, moi me faut 1000円 au pire (j’ai juste dit « oui » hein). Tiens, voilà ton reçu. Cool. Tiens, ton argent. Ah, enfin ! Je veux le donner à l’hôtesse qui m’a accompagné, dans l’idée de rush au bureau des tickets, récupérer mes bagages et trouver ensuite le train. Non, elle veut pas. Damn, je dois le donner à celui qui a amené la valise alors.

9 minutes. J’ai donné l’argent. Je le remercie d’avoir gardé mes valises, et m’excuse pour le dérangement. De même pour l’hôtesse. Mais nan ! Elle va m’accompagner.

7 minutes. On cavale et on vient de passer les portiques. Le ticket passe, ouf !

5 minutes. J’ai l’impression qu’on est dans la zone de départ des Shinkansen. Il y a plus de 20 quais. Heureusement que je suis guidée.

4 minutes. Je vois les indications pour trouver le quai de mon train : vu le numéro et ce que je vois autour de moi, on doit plus être très loin.

3 minutes. Ca y est. Plus que les escalators à gravir et je pourrai être sur le quai.

2 minutes. L’hôtesse m’a amené jusqu’à ma voiture. Je me penche le plus possible et la remercie.

A peine mes bagages posés, le train démarre. J’ai chaud, je sue. Arrivée à Sendai prévue dans 50 minutes maintenant, pile le temps de regarder le dernier Breaking Bad. A tout à l’heure si je peux dormir dans ma chambre universitaire et s’il y a Internet.

Pour revenir sur la carte bleue bloquée, il m’était arrivé la même chose lorsque j’étais à Londres : j’ai pu effectuer une ou deux dépenses par carte, un retrait, puis la carte s’est bloquée. Pour autant, je pouvais quand même régler par CB dans les commerces, mais le retrait était bloqué pour 3 jours. Espérons que je puisse payer par carte pour ma chambre étudiante.

Rédigé par Rynne

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A
c'est le parcours du combattant ton truc, j'en suis toute essoufflée !!!!!!!!!!!!!!!!!<br /> bravo pour la démerde, T un chef.
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R
Ouch ! Quel thriller de la mort qui tue !!!<br /> Même ton post transpire ! ;-)
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