Le samedi 15 mars 2014 – Jour 9
Publié le 18 Mars 2014
Bonjour !
Actuellement dans un train pour relier Hiroshima et Okayama en trois heures. C’est le moment de raconter ce qu’il s’est passé ces 3 derniers jours.
J’ai acheté la veille des billets de bus pour aller et revenir de Beppu à tarif réduit (2000 au lieu de 3000+ yens) dans l’hostel. Si j’ai autant tardé à faire de vrais réservations dans les hôtels suivants, c’est parce que j’attendais principalement de savoir que faire après Beppu. Ces billets à 2/3 du prix m’ont apporté une réponse simple : je reviens à Fukuoka pour prendre repartir ensuite sur Hiroshima.
Lever pas trop tard donc, pour avoir le temps de profiter de Beppu et de pouvoir attraper mon bus qui est à 19h00 à Fukuoka. Je pars tout confiant avec mes billets donc, et m’installe dans la salle d’attente avec un bus qui part dans 20 minutes. Ce n’est qu’au moment d’embarquer, face à un conducteur à l’anglais inexistant, que j’apprends que je dois faire une réservation pour monter dans le bus. Le système pas relou déjà. Genre à Nagasaki, j’avais pu monter dans le bus sans réservation, mais après que tous les passagers avec une soient montés. Mais là, non. Donc direction comptoir et j’en profite pour aussi réserver le retour. Sur le papier, c’est 2h30 de route, en réalité, j’vais le dire tout de suite, c’est plus dans les trois heures. Sur conseil de la guichetière, je prévois large pour mon bus pour Hiroshima, et ne vais passer que 1h45 à Beppu.
Le trajet est long et ennuyeux, mais mes mots fléchés m’ont gardé l’esprit occupé. Beppu me semble être une super ville pour venir faire une cure de repos, pour prendre des vacances. Bénéficiant d’une activité volcanique, le volcan au-dessus de la ville offre des sources chaudes partout. On les appellera onsen. Donc la ville, comme Zao-onsen en octobre, est très réputée pour ses onsens, et les gens y viennent pour se détendre. Comme je n’ai pas beaucoup de temps, je me dirige vers l’onsen le plus proche de l’arrêt de bus. Bien qu’ils doivent exister des onsens naturels, les onsens sont tenus par des particuliers qui vous facturent l’entrée selon ce qu’ils proposent de particulier par rapport au voisin. Vous me voyez venir n’est-ce pas ?
Aye, et celui que j’ai choisis aussi propose sa petite touche : le bain de sable. Je dois faire la queue pour y aller, et attendre qu’on m’appelle : j’ai le numéro 4. Numéro 1, 2 3 et 4 ! Je réunis mes affaires et vais là où deux autres jeunes vont aussi. On m’a donné un yukata (sorte de kimono d’été d’intérieur) mais je ne sais pas du tout quoi en faire (j’entends quand l’enfiler et si je dois l’enfiler). Je lambine un peu à me déshabiller et fais comme les deux jeunes. Ok, donc je l’enfile direct, je reste pas nu. Mais qu’est-ce qu’il m’attend ?
Il fait chaud et beau dehors. Je passe une porte, et il y a du sable noir partout. Le sol c’est du sable humide en fait, pour être plus précis. Des petits oreillers en bois (ceux des geisha pour pas défaire la coiffure) sont au sol, en tête de ce qui semble être la place nécessaire à un corps pour s’allonger. On me fait comprendre que je dois donc choisir un emplacement, et m’y allonger, habillé donc de mon yukata. Mon sens de l’ordre n’aime pas trop ça, m’enfin, je m’exécute. Alors déjà que j’avais chaud, mais ce sable, il est lui-même chaud. La source thermale doit circuler sous cette salle. Et l’employée de l’onsen comment à me recouvrir de sable à l’aide d’une pelle. Mais je porte mon yukata, c’est pas propre !
Wow, j’ai super chaud ! Je dois rester comme ça pendant 10 minutes. Je ne me suis pas encore renseigné sur les vertus de ce bain, mais je pense pouvoir éliminer gommage de la liste. Quand le temps est écoulé, on m’explique comment sortir tranquillement du sable, puis je dois retirer mon yukata (maintenant plein de sable mouillé, j’avais prévenu !) et prendre une douche avant de pouvoir profiter du bain chaud. Les deux Japonais commencent à discuter avec moi et j’apprends comme ça qu’il n’y a aucun problème à dormir dans les restaurants ouverts 24/7. Une très bonne nouvelle.
Il ne me reste plus que 20 minutes avant d’attraper mon bus, donc je m’active, prends une douche et retourne à l’arrêt de bus. Attente. Bus. Fukuoka. MacDonald. Attente. Bus. Hiroshima. Hiroshima. Avant d’y mettre les pieds, je n’avais absolument aucune idée d’à quoi ça ressemblait comme ville. Mais je ne m’attendais manifestement pas à ce que ça ressemble à une ville moderne comme Sendai ou Fukuoka. Je commence par chercher les casiers de la gare routière, y laisse mon sac à dos, et vais en direction du quartier des divertissements d’Hiroshima. Il est 23h20.
Je n’ai pas d’autre plan que celui fourni dans le Lonely Planet mais j’ai confiance. Mouai, sauf qu’il n’y avait nul part préciser que les gares routière et ferroviaire ne sont pas au même endroit. Et plus vicieux, la ville est d’une certaine façon symétrique par translation. Donc même en me repérant avec les ponts que je traversais je ne me rendais pas compte que j’étais à deux kilomètres de là où je pensais être. Le peu de passants et voitures, ainsi que l’absence d’une ligne de tramway sur un pont m’ont mis la puce à l’oreille. Merci donc au gentil vendeur d’un konbini d’avoir bien compris ma question et d’avoir su me répondre de façon très précise.
Ca y est, la population s’intensifie par-là, je suis sur la bonne voie. Quartier de Nagarekawa. Déjà, moyenne d’âge 3 à 5 ans plus élevée qu’à Fukuoka. Malgré mes recherches préliminaires et mes demandes aux passants, impossible de trouver les boîtes de nuit où j’envisageais d’aller. Ca confirme les dires que j’avais lus ici et là comme quoi il n’y a qu’une très petite frange de la population qui va en boîte, leur préférant les izakaya et autres bars. Je tente un dernier tour avant d’éventuellement me rabattre sur un karaoke, où au moins je pourrai dormir.
Puis là, au coin d’une rue, j’en trouve un dont j’avais lu qu’il proposait de la bonne musique avec une bonne ambiance, le Club Edge. Si je retrouve le site où j’ai lu ça j’y mets le feu. Soirée d’anniversaire de la boîte en plus. Alors déjà le reggae ça va cinq minutes, mais bon, si c’est pour occuper le temps, je peux même peut-être m’amuser. Le pire du pire, c’est ce DJ qui gueulait au micro toutes les 20 secondes maximum pour mettre l’ambiance. Une horreur. J’ai tenu 2h30, avant de trouver un MacDo et finir ma nuit. Les deux jeunes de tantôt avaient raison, il y a déjà 5 personnes qui dormaient misérablement assis sur une chaise et affalée sur la petite table en face d’eux. Je les ai rejoint dans leur misère et ai pu dormir presque 2h30. Après ça, je sens que j’aurai du mal à me rendormir avec tout le boucan qu’il y a. D’ailleurs, je me demande encore d’où venaient tous ces jeunes à 5h30 du matin. En tout cas, la gare routière devrait être ouverte, donc j’y retourne, au moins pour mon sac.
Grosse spécialité des casiers de cette gare, c’est qu’il faut payer par jour. Dans le sens jour civil. Oui, même en ayant mis mon sac à 23h30, je dois repayer 400 yens pour le sortir. Là je suis bien dégouté quand même. Je ne me laisse déprimer, et vais demander des infos sur comment rejoindre Miyajima et Himeji, histoire de ne pas perdre de temps. Ni l’un ni l’autre ne sont desservi par bus. Ah ? Pour le premier c’est en tramway (ou train, mais l’arrêt est juste dehors) à partir de 6h37, et pour le deuxième c’est par JR (train donc).
Et je vais profiter de cette dernière attente pour vous dire à demain pour Miyajima !
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